Reflet(s), il faut y aller !

Je vous avais déjà parlé de l’exposition Reflet(s), Rencontres autour du Bijou, organisée par le Comité Francéclat, dont le programme m’avait alléchée… (le précédent article est ici).  J’assistais hier au vernissage et je confirme : si vous vous intéressez de près ou de loin à la bijouterie (et a priori, si vous avez atterri sur ce blog, c’est le cas), il faut courir au Palais de Tokyo! Vous avez jusqu’au 3 juin pour parcourir l’espace dédié, pensé comme un parcours initiatique.

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Outre les pièces présentées (j’y reviendrai plus bas), ce sont également les métiers de la bijouterie-joaillerie qui sont à l’honneur via la partie Origine de l’expo : de la conception 3D à la gemmologie en passant par un atelier de tendances ou un dédié au dessin de bijou, tous les métiers ou presque sont représentés. Ici, des établis de bijoutiers et leurs artistes en plein travail :

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Il y avait aussi un atelier de dessins de bijoux et quelques uns des modèles dessinés exposés :

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Ici, l’atelier gemmologie, qui a attiré des foules de passionnés et d’amateurs :

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Les personnes qui animent lesdits ateliers sont charmantes et très pédagogues. Pour être tout à fait honnête d’ailleurs, j’ai été agréablement surprise par l’ambiance, très loin d’être glaçante : j’ai trouvé les participants comme les invités très ouverts, conviviaux et enclins à partager une passion commune : les bijoux pour certains, les gemmes pour d’autres, la conception 3D pour les équipes de Dassault Systèmes (ici leur vidéo teaser de l’expo) etc. Mais dans l’ensemble, l’ambiance était très détendue et c’est un vrai ‘plus’ qui casse la distance que l’on pourrait ressentir à parcourir un univers d’habitude si discret et un peu lointain, voire froid…

Signalons que l’exposition est parrainée (marrainée??) par la designer Matali Crasset, auteure d’un discours inaugural bref, précis et lapidaire (sans mauvais jeux de mots), qui m’a séduite par sa manière d’aller à l’essentiel :

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A ne pas rater, lors de votre visite, l’hommage à l’artiste Jean Vendôme, qui, dans les années 1960, fut l’un des premiers à appliquer les principes esthétiques de l’abstraction à l’art du bijou. Les pièces de cet artiste sont de toute beauté !

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Enfin, les bijoux! Là-dessus, on peut dire qu’on est gâtés! Les pièces exposées sont exceptionnelles et ambitionnent de représenter l’étendue de la création française. Donc, il y en a pour tous les goûts. Absolument tous les goûts !

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Parmi mes préférées, cette bague signée La Brune et la Blonde (dont le diamant ressortirait sans doute mieux en pendentif d’ailleurs)

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Ce collier, dont je crois qu’il est signé Lalique, et dont les détails sont époustouflants :

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Pour finir, l’exposition m’a permis de découvrir nombre de bijoutiers et de maisons, et notamment les créations de Laurence Oppermann, auxquelles j’ai été très sensible. En voici deux que je trouve assez emblématiques :

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Voilà ! Vraiment (vraiment!), une exposition à ne pas rater, au Palais de Tokyo, d’autant moins qu’il n’y aura pas de livre consacré à toutes ces merveilles. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est vraiment dommage !

Si vous voulez voir d’autres photos prises lors de ce vernissage, vous pouvez voir l’album FlickR que je lui ai consacré en cliquant ici.

Enfin, un très grand merci pour son invitation à Delphine Schaack (merci également pour ton excellent travail de RP, ta bonne humeur en toutes circonstances et ta patience d’ange) !

Revue de presse 2 : les bijoux vintage

Comme je l’explique dans le ‘A propos’, avant d’être blogueuse, j’étais journaliste. J’ai notamment travaillé pour CB News et fait partie de l’équipe qui a relancé le magazine créé par Christian Blachas, Monsieur culture pub, en 2010. J’ai, entre autres, écrit des articles sur l’univers de la bijouterie, pour le numéro Luxe. Celui dont je vais vous parler est extrait de notre premier numéro Luxe, sorti en décembre 2011, placé sous la thématique de la Renaissance. Je me suis concentrée sur deux joailliers, qui remettent au goût du jour des pièces anciennes, chacun à leur manière. Il s’agit de Marc Auclert, adorable patron de la Maison Auclert, et de la prolixe Lydia Courteille, dont les pièces sont des merveilles d’inventivité.  Mon papier est consultable ici.

Tiffany poursuit sa voie retro

Tiffany poursuit sa voie retro

Après Cartier et sa Nouvelle Vague, c’est Tiffany qui s’offre une collection nostalgie, en parfaite complémentarité de sa précédente ligne Gatsby (je vous en reparlerai). Cette nouvelle collection est baptisée Ziegfeld, du nom des Ziegfeld Follies, série de productions théâtrales de Broadway à New York, de 1907 à 1931. Inspirés par les Folies Bergère de Paris, les Ziegfeld Follies furent conçues et créées par Florenz Ziegfeld, d’après l’idée de sa femme, la comédienne Anna Held. Les Follies étaient des revues haut de gamme, un mélange des futurs spectacles de Broadway et un spectacle-variété de Vaudeville plus raffiné. Elles ont vu se succéder plusieurs des meilleurs comédiens de l’époque. En outre, les Ziegfeld Follies étaient aussi réputées pour leurs magnifiques danseuses de cabaret connues sous le nom de Ziegfeld girls; elles portaient habituellement des costumes raffinés du styliste Erté, qui pouvaient devenir le sujet de conversation principal du théâtre de Broadway les jours qui suivaient.

En toute logique, il s’agit donc d’une collection très « ludique », qui fait la part belle à l’argent et aux perles. Du coup, c’est aussi une collection relativement abordable, avec plusieurs pièces aux alentours de 400 euros.

Pour commencer, voici le pendentif Pâquerette en argent massif et onyx noir

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Il y a aussi des bagues, également en argent et onyx, la seconde étant assortie au pendentif pâquerette :

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Enfin, outre les inévitables sautoirs et bracelets en perles de culture d’eau douce très à la mode dans les années 20, voici un joli pendentif en argent massif, ainsi que le dessin d’époque qui a inspiré ses ciselures :

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Une très jolie collection, que vous pouvez retrouver sur Pinterest, dans le tableau Mad about Jazz de Tiffany.

 

 

 

 

Cartier en mode Nouvelle Vague

(NB : toutes les photos de bijoux sont signées Vincent Wulveryck © Cartier 2013

Cartier vient de lancer sa nouvelle collection, baptisée Nouvelle Vague . Une inspiration toute parisienne puisque chaque ligne de cette collection est associée à un lieu mythique parisien. « Ville et joaillier, inséparables, reliés par un fil créatif invisible, un charme à la française dont la Parisienne incarne l’incomparable état d’esprit », souligne ainsi la Maison. Et c ‘est bien la parisienne que Cartier a souhaité croquer « d’un trait de caractère joaillier. Une collection pensée comme un hymne à ses nuances, ses couleurs, ses secrets de séduction et de style ». Et ce ne sont pas moins de sept lignes que le joaillier présente, une collection très complète et très variée, qui séduira toutes les femmes pas ses pièces magnifiques.

Mais attardons nous sur ces bijoux. J’aurais aimé commencer par mes préférés, mais j’avoue qu’il est difficile de choisir… Tout de même, un gros (gros) coup de cœur pour la ligne Affranchie (forcément!), très massive mais, si moderne dans son hommage aux Arts Déco et tellement belle dans sa somptueuse simplicité ! Elle incarne le quartier du Trocadéro, « Radicalement Paris, quand la ville s’élève, exige l’intelligence et la culture. Lieu d’art et de réflexion sur les marches du Palais de Tokyo, là où les Parisiennes, moitié garçons, moitié filles, sophistiquent la pensée d’un trait d’esprit. Modernes, elles structurent leur allure faussement simple, artistes d’un style graphique, pour la noblesse minimale d’un torque ou d’un bracelet rigide, joncs d’or rose cernés par la géométrie de deux motifs en tête-à-tête », souligne la Maison  :

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Je me suis ensuite penchée sur la ligne Glamour, qui s’épanouit sur les Quais de Seine, et ses magnifiques jeux de volutes, de toute beauté.  Jugez plutôt :

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J’ai en particulier adoré le collier de cette ligne, sublime :

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Il y a aussi la ligne Impertinente (sise au Parc du Luxembourg), délicieusement rétro, toute en courbes, dont les deux pièces suivantes m’ont fait penser à un éventail, accessoire très Nouvelle Vague justement :

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Terminons en beauté et avec de la volupté, puisque Volupteuse est le nom de la dernière des lignes que j’ai choisi de vous montrer, associée à l’Opéra de Paris :

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Cathy Waterman, love of my life

Je suis archi-fan d’une créatrice américaine, dont les bijoux me parlent toujours et me séduisent par leur intemporalité, leur originalité  et leur classe. Cette créatrice, c’est Cathy Waterman, à mon avis une des créatrices les plus talentueuse de se génération (oui, je suis à la limite de lancer un fanclub). Je suis en particulier adepte de ses bagues. Pratiquement toutes. En voici quelques unes :

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Bon, je vais arrêter là parce que je pourrais mettre l’intégralité de son site en images. Je trouve son travail d’une finesse époustouflante et j’aime particulièrement ses mélanges d’or jaune et blanc, très réussis. Son site, d’ailleurs, est .

Native de Californie, Cathy Waterman a lancé sa première collection en 1990. Après des études de droit pour devenir avocate, elle s’était reconvertie dans la production de films, puis avait lancé une marque de tricots pour enfants. Elle a décidé de reprendre le flambeau à la mort de son beau-père diamantaire.

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Cathy Waterman a par ailleurs deux filles et un garçon (Coco, Claire et Nick), et son mari, Eddie Kislinger, est avocat.

Elle dessine et produit ses pièces en utilisant du métal recyclé et des pierres issues du commerce équitable. Elle a notamment conçu certains bijoux du film Blanche-Neige, sorti en 2012 et entre autres une couronne portée par l’actrice Charlize Theron et une bague en or arborée par Kristen Stewart.

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Cathy Waterman compte parmi ses clientes Leighton Meester, la photographe Sally Mann, Vanessa Hudgens et Julia Roberts, apparue dans une publicité Lancôme avec des dormeuses de la créatrice :

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Bonne nouvelle pour celles qui craqueraient, les bijoux de Cathy Waterman sont vendus en France, à la boutique White Bird ( 38 rue du Mont Thabor, 75001 Paris), ainsi que sur le site de la boutique.

Premier Jour redevient Made in France

Une fois n’est pas coutume, voici un article que je n’ai pas écrit mais qui provient d’une dépêche qui m’est fortuitement tombée entre les mains (oui, j’ai toujours des amis dans certaines rédactions…). Elle concerne le joaillier Mauboussin, qui a annoncé qu’il allait rapatrier d’Inde vers la France la production de sa bague la plus vendue, tout en développant résolument ses ventes à l’international alors que la crise pèse sur son marché domestique. Comme je ne savais pas si j’étais autorisée à utiliser cette dépêche lorsqu’elle m’est arrivée, j’ai attendu un peu. La voici donc :
La bague Premier Jour, vendue à 2 500 exemplaires par an en trois couleurs d’or, sera fabriquée dès juin par un sous-traitant près de Lyon. « Les conditions de service dans lesquelles on est amenés à réassortir sont clés et seront (ainsi) meilleures« , a relevé Alain Némarq, PDG de Mauboussin. A l’heure où l’on réduit les stocks, « avoir la production en France est beaucoup plus avantageux« . « Le cycle de production va gagner deux semaines: en France c’est 4 semaines et demie, à l’étranger 6 semaines et demie« , a expliqué M. Némarq, aux commandes de Mauboussin depuis mai 2002. La fabrication coûtera certes « un peu plus cher » à cause du prix de la main d’oeuvre, mais « ce qui est le plus marquant dans le prix de revient du produit, c’est la matière première, pas la façon« , assure-t-il. Le joaillier lancera prochainement un autre modèle de bague, Eternité Marine, qui sera fabriqué par le même sous-traitant près de Lyon, chez lequel une bonne dizaine d’emplois devraient être ainsi créés, d’après M. Némarq.

Bague Premier Jour de Mauboussin en or blanc

Bague Premier Jour de Mauboussin en or blanc

Si Mauboussin fait fabriquer à l’étranger les trois quarts de ses produits (en 30% Chine, 25% Inde et 20% Thaïlande), c’est, dit-il, parce que « le groupe n’a pas trouvé d’usine il y a 11-12 ans qui fasse crédit à un groupe de petite taille alors dans une situation périlleuse« . Des sous-traitants en Asie, certains travaillant pour Tiffany, ont eux accepté, explique Alain Némarq. « On ne va pas subitement tout rapatrier en France. Mais si je peux faire fabriquer en France je préfère, ça me simplifie considérablement les choses« , dit celui qui n’a jamais fait mystère de ses productions réalisées à l’étranger et n’a pas hésité à faire de la publicité dans le métro, cassant ainsi les codes de la profession.

Bague Premier Jour de Mauboussin en or blanc et diamants

Bague Premier Jour de Mauboussin en or blanc et diamants

Mauboussin, qui compte 200 salariés (dont 150 en France et une cinquantaine au Japon, à Singapour et aux Etats-Unis), a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 69 millions d’euros, contre 12 millions d’euros dix ans plus tôt au moment de sa reprise. Il vend environ 90 000 pièces de joaillerie et 20 000 montres par an, dont des modèles à quelques centaines d’euros, ainsi que des stylos, lunettes et parfums sous licences. L’objectif est de faire « 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici trois ans, à moitié en France et à moitié à l’étranger« , contre 75/25 actuellement, indique M. Némarq. Et ce, avec une production à moitié en France et à moitié à l’étranger, contre 25/75 aujourd’hui. Depuis le deuxième semestre 2012, le groupe ressent « la crise sur le marché français » et est « en recul au premier trimestre 2013« , explique le PDG. Le groupe compte 67 magasins en France et en comptera « probablement dix de plus d’ici la fin de l’année« , mais « cette année notre croissance se fera à l’extérieur de la France« , prédit M. Némarq. D’où l’intérêt de s’étendre à l’international. Mauboussin a dix points de vente au Japon (où il affiche « 25% de croissance« ), des magasins à New York, à Luxembourg, à Singapour et en Thaïlande, et des corners en Belgique. Il vend aussi via des distributeurs en Russie et via des franchisés en Algérie (Alger), au Maroc (Casablanca, Marrakech et Rabat) et à Beyrouth. « Des franchises ouvriront début mai à Koweït et à Tel-Aviv, fin mai à Dubaï« , et également bientôt à Beyrouth, indique M. Némarq. « La boutique à Alger marche fabuleusement bien: on a fait plus de 600 000 euros de chiffre d’affaires en cinq mois. Et on va ouvrir d’ici la fin de l’année à Oran« , dit-il. Mauboussin est aussi « en négociations » pour ouvrir en franchise à Pékin à l’automne. Le groupe a augmenté son capital de 10 millions d’euros fin février. M. Némarq en détient un peu plus de 9%. L’actionnaire principal, l’homme d’affaires Dominique Frémont, en possède 67%.

Revue de presse 1 : Boucheron

Comme je l’explique dans le A propos, avant d’être blogueuse, j’étais journaliste. J’ai notamment travaillé pour CB News et fait partie de l’équipe qui a relancé le magazine créé par Christian Blachas, Monsieur culture pub, en 2010. J’ai, entre autres, écrit des articles sur l’univers de la bijouterie, pour le numéro Luxe. En cliquant ici, vous pourrez lire l’article issu de ma rencontre avec Thierry Robert, chasseur de pierres chez Boucheron, un personnage fascinant!