Le beau Serge

(Crédit photos de bijoux : Leonhard Stark)

Je crois que si j’aime les bijoux, au-delà de leur histoire, de leur composition, de leur couleur ou de leur style, c’est pour l’émotion qu’ils peuvent susciter. Et c’est pour ça que je n’ai pas de préférence émotionnelle entre un bijou ancien et un bijou contemporain, même si, question goûts, la façon ancienne et sa maîtrise de la matière me fascinent. Mais l’émotion, c’est autre chose.

Quand j’ai découvert les bijoux de Serge Thoraval, il était déjà mort. Trop doué, trop vivant, trop jeune, sans doute.

Impossible de décrire exactement ce que j’ai ressenti. La justesse sans doute, d’un bijou qui vous parle. A vous. De votre vie. Quelque chose qui vous atteint.

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A l’heure où j’écris ces lignes, les bijoux gravés de messages sont légion, pour le meilleur et pour le pire. Ce n’était pas le cas dans les années 90. Et je n’ai trouvé sur aucun depuis cette justesse, cette poésie des mots, cette façon, aussi, d’aller à l’essentiel. J’ai été journaliste en presse écrite pendant presque 15 ans, et c’est sans doute ce qui explique que les mots me touchent autant.

La bonne nouvelle, c’est que malgré le décès accidentel de son créateur, en 1999, l’Atelier Serge Thoraval poursuit son travail, et fêtera l’année prochaine ses 15 ans.

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Né à Paris, à Montmartre, Serge Thoraval était un autodidacte. Celui qui, enfant, voulait être inventeur et dessinait croquis et plans de la « voiture à élastique », a mis le pied dans le domaine de la bijouterie un peu par hasard : en 1989, des amis lui proposent de les aider à souder des bijoux destinés à la collection d’Yves Saint Laurent. L’année suivante, le jeune Serge Thoraval crée ses propres pièces et collabore avec des créateurs de mode pour les bijoux et accessoires de leurs défilés, de Thierry Mugler (1990 – 1991) à Joseph (1993), en passant par Claude Montana (1991 – 1993) et Lanvin Haute Couture (1992). Il réalisera aussi des collections de bijoux pour Agnès b. (1992 et 1993), Sonia Rykiel (1993) et Paco Rabanne (1997). C’est en mars 1994 qu’avec l’aide de sa compagne, Geneviève Chevillot, il fonde son propre atelier et expose à Première Classe où il fait la connaissance de ses agents pour le Japon et l’Italie. Dés lors ses bijoux sont vendus en France (Le grand Magasin» à Saint Rémy, Gago à Aix-en-Provence, ou l’Eclaireur à Paris).

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En janvier 1999, Serge meurt accidentellement à moto dans Paris.Geneviève Chevillot, entourée des assistants de Serge, fonde l’Atelier Serge Thoraval et se consacre essentiellement à poursuivre la réédition des bijoux et à en étendre la diffusion.

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Un de ses amis, Francis, cité sur le site de l’Atelier Serge Thoraval, décrit son travail comme suit : « il entretenait avec la matière un dialogue intime, étroit et exclusif. Ses bijoux devenaient des tatouages dont il était impossible de se défaire. Porteurs de messages, d’attentions, parfois miroirs aveux et connivences, ils devenaient toujours une deuxième peau« .

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